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La langue des signes, pour mieux se comprendre en temps de Covid


Vendredi 18 Février 2022


1 Eric Leys Krens et Muriel Deslande, de l’association « Vents des Signes »
1 Eric Leys Krens et Muriel Deslande, de l’association « Vents des Signes »
L’association “Vent Des Signes” a été créée en 2018 à Fontenay-le-Comte. Elle permet d’échanger avec des personnes sourdes ou malentendantes, de faire des activités en commun et de s’initier à la langue des signes. 

Nous avons rencontré Eric, son président, et Muriel, initiatrice à la langue des signes, à l’occasion d’un “café-signes”, dans un bar fontenaisien. 
L’association fontenaisienne “Vent Des Signes” a été créée pour faire connaître la culture sourde et la langue des signes. « Les sourds et les malentendants sont des personnes assez isolées, nous explique Éric Leys Krebs, nouveau président de l’association. Faire connaître la langue des signes au plus grand nombre peut permettre à cette population de sortir de cet isolement, justement en lui permettant de trouver plus de personnes en capacité de communiquer avec elle. La langue des signes n’est pas construite sur le schéma de l’écriture. C’est une culture d’images, il n’y a pas de syntaxe, pas d’articles, pas de construction de phrase, c’est visuel, comme de la bande dessinée. Les images se succèdent et les compréhensions se font dans la situation, le contexte. C’est pourquoi les enfants, même très jeunes,  sont très vite à l’aise avec la langue des signes. »
« C’est une langue riche mais compliquée, il y a beaucoup de choses à retenir, poursuit-il,  un peu comme comme le japonais avec les idéogrammes. La langue des signes plaît énormément, et certains la considèrent comme une petite thérapie. »
 
 

Des “cafés-signe” pour se rencontrer

Rencontre avec le public au Divin et demi à l’occasion d’un “café-signes”
Rencontre avec le public au Divin et demi à l’occasion d’un “café-signes”
Des rencontres - des “café-signes” - sont ponctuellement organisées. Elles permettent au public de rencontrer les membres de l’association, de découvrir la culture sourde et de se renseigner sur l’apprentissage de la langue des signes. 
C’est au cours de l’une de ces manifestations que nous avons rencontré Muriel Deslande, qui est aujourd’hui salariée de l’association. 

 

Muriel, sourde et salariée de l’association

C’est grâce aux fonds récoltés par les cotisations de ses membres, les dons et les cours dispensés, que l’association a pu créer ce poste d’initiatrice à la langue des signes salarié pour Muriel. 
Muriel est une jeune femme qui est sourde depuis sa naissance. Un handicap qui, comme beaucoup de personnes dans son cas, l’a très vite écartée du marché de l’emploi. En effet, très peu d’entreprises se montrent prêtes aujourd’hui à embaucher des personnes porteuses d’un handicap qui complique voire empêche la communication et l’échange. C’est dans le but de changer cela que l’association propose des interventions de sensibilisation auprès des entreprises et de leurs dirigeants et des initiations à la langue des signes. 
Muriel intervient également auprès des plus jeunes, dans les écoles et les collèges, auprès d’enfants autistes et anime des classes de “bébé-signes”, une méthode de communication gestuelle qui permet de communiquer avec les bébés entendants. 
Aujourd’hui, l’association est à la recherche de fonds qui permettront à sa salariée de suivre une formation à Paris auprès de l’association “Visuel-LSF”, formation qui lui permettra d’acquérir un diplôme d’enseignante, et d’augmenter ainsi son nombre de classes, et donc d’élèves. « Il est important que le nombre de personnes formées à la langue des signes soit élevé » estime-t-elle. 

Lire sur les lèvres, impossible avec les masques

Et c’est d’autant plus essentiel dans la période que nous vivons. En effet, on a constaté, depuis le début de la pandémie, que les populations sourdes se retrouvaient encore plus isolées. « Avec le port du masque, nous ne pouvons plus lire sur les lèvres, déplore Muriel, les gens ont peur d’enlever leur masque et pour nous cela devient très compliqué de comprendre ce qu’ils cherchent à nous dire. Si les gens connaissaient la langue des signes, on pourrait communiquer, même avec des masques! »* 

Si l’on ajoute à cela que la langue des signes est universelle, on se dit qu’il serait peut-être intéressant que la langue des signes soit enseignée à l’école dès le plus jeune âge et pourquoi pas comme une discipline obligatoire, au même titre que la langue française parlée.

Les initiations à la langue des signes se déroulent à l’ODDAS (3 fois par semaine) ou à la maison des Associations (2 fois par semaine). Trois niveaux sont proposés : débutants, pratiquants et confirmés.


* propos recueillis par le biais de langue des signes (NDLR)







 
Nathalie MONTELLE

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